Un avenir sans faim

Publié le 2 avril 2015

Un FSM contre vents et marées

Bernard Pinaud dresse un premier bilan de l’édition 2015 du FSM à Tunis

Le premier succès de cette édition 2015 du FSM est d’avoir eu lieu. Quatre jours après l’attaque du Musée du Bardo où plus de vingt personnes ont trouvé la mort, c’était un pari de maintenir un événement rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes venues de 120 pays. Et de la part des délégations étrangères, c’était un geste de solidarité à l’égard des Tunisiens engagés dans un processus de construction démocratique. Au sens propre, compte tenu des conditions climatiques, comme au sens figuré, ce FSM s’est tenu contre vents et marées.

« Les partenaires du CCFD-Terre solidaire se félicitent tous des contacts qu’ils ont tissé, résume Bernard Pinaud. Les uns réconfortés par les soutiens internationaux, comme Nidaa Sassar de l’organisation palestinienne en Israël, Baladna, les autres impressionnés par la compétence sur les questions complexes comme les négociations sur la responsabilité des entreprises multinationales, ou bien réconfortés de se sentir moins seul face à la tendance à la criminalisation des militants, comme Francis Ngang, d’Inades-Formation en Côte d’ivoire. Du côté des dix bénévoles associés à la délégation, le FSM et la découverte de l’ampleur des mouvements a aussi boosté la motivation à s’engager. »

Le CCFD-Terre solidaire avait axé cette fois ci sa participation sur trois thèmes :
- la question du changement climatique en lien avec la souveraineté alimentaire, la préparation de la COP21, la négociation sur le climat à Paris, en décembre prochain
- La responsabilité des entreprises multinationales
- Une nouvelle approche des migrations.

Un calendrier des mobilisations sur le climat

Les mouvements et les réseaux engagés sur la question du changement climatique, ont arrêté le calendrier des mobilisations en vue de la conférence qui doit se tenir à Paris en décembre prochain.
- Des mobilisations décentralisées se dérouleront les 30 et 31 mai, au moment où chaque Etat présentera ses objectifs. Elles auront pour objectif de relier les responsabilités locales aux enjeux globaux.
- Une série de manifestations décentralisées se tiendront les 28 et 29 novembre, aux premiers jours de la COP21.
- Une manifestation massive aura lieu le 12 décembre à la fin de la conférence.
« Compte tenu du fait que les Etats Unis et la Chine se sont entendus pour que cette fois aucun objectif contraignant ne soit adopté en matière de réduction de l’émission des gaz à effet de serre, il a paru plus mobilisateur d’envoyer le message le plus fort à la fin, pour renforcer la sensibilisation dans les années à venir, plutôt que de ses concentrer sur une négociation qui s’annonce décevante  », explique Bernard Pinaud.

Bonnes et fausses solution face au changement climatique

L’articulation entre la nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire, promue par le G8, et l’alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat a été bien mise en lumière. L’un et l’autre privilégie l’investissement vers un modèle d’agricole porté par les multinationales de l’agro-alimentaire lors que tous les rapports de la FAO préconisent de renforcer l’agriculture paysanne, comme réponse à la sécurité alimentaire, comme à l’adoption au changement climatique.
D’une manière générale, la thématique des fausses solutions, agricoles et énergétiques, pour faire face à cet enjeu du XXIe siècle s’est bien imposée.

La régulation des entreprises multinationales

La nécessité de responsabiliser les maisons mères des entreprises multinationales à l’égard des conséquences sociales, environnementales de leur activité, a été illustrée tragiquement par l’effondrement de l’immeuble du Rana Plazza au Bangladesh, où plus d’un millier d’ouvriers de confection produisant pour des grandes marques ont trouvé la mort en avril 2013.

Les échanges très techniques au FSM ont permis de vulgariser le travail accompli par l’alliance en vue d’un traité international contraignant. Mais il faut avoir conscience qu’il s’agit d’un travail de longue haleine, comme l’avait été, des débuts de la révolution industrielle jusqu’au milieu du XXe siècle en Europe, la construction progressive d’un Droit du travail protecteur.

La migration entre mondial et local

Les ateliers au FSM font émerger une double tendance concernant la gestion des migrations. D’une part pour l’inscrire dans la perspective d’une gestion mondiale, puisqu’il s’agit d’un enjeu transnational qui dépasse le cadre étatique. D’autre part, pour la traiter au niveau des collectivités locales où se vit pratiquement l’intégration.

Un bilan d’ensemble

Un FSM s’évalue aussi à la façon dont il permet à la société civile locale de se renforcer et d’articuler son travail aux enjeux et aux mobilisations à l’échelle mondiale. Force est de reconnaître qu’à l’échelle maghrébine, les tensions régionales ont perturbé le déroulement des travaux, autour de la question sahraouie, traditionnelle point de discorde. En particulier les délégations algérienne et marocaine ont été impliquées dans plusieurs incidents qui ont amené les associations réellement indépendantes de l’Etat à se démarquer.
Il faudra un peu plus de recul pour savoir ce que la société civile tunisienne a pu retirer de ces rencontres. A la fois pour définir ses enjeux nationaux et pour inspirer les pratiques des plus grandes organisations aux plus modestes.

Thierry Bresillon

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