Un avenir sans faim

Publié le 04.04.2009 • Mis à jour le 19.09.2013

Transformer les conditions de vie des travailleurs dans les plantations

Alors que l’industrie du thé constitue l’un des piliers de l’économie du Sri Lanka, les conditions de vie des travailleurs des plantations sont restées très précaires.

Transformer les conditions de vie des travailleurs des plantations et appuyer au développement local dans les provinces de l’Est

Ile située au Sud de l’Inde et ancienne colonie britannique jusqu’en 1948, le Sri Lanka était, jusqu’en mai 2009, le théâtre d’affrontements armés irréguliers entre les Tigres de Libération de l’Eelam Tamoul (LTTE) et l’armée gouvernementale depuis plus de 25 ans. Si la mise à mort du régime de terreur déployé par les « Tigres », exécuté de main de fer par le Gouvernement Rajapaksé, arrivé aux urnes en mai 2005 sur un programme belligérant, permet progressivement la réunification administrative du pays, de nombreuses questions restent posées, en particulier celles concernant la situation des 280 000 réfugiés tamouls gardés dans des « camps provisoires » du Nord de l’île alimentés en vivres par les acteurs nationaux et internationaux et placés sous le contrôle exclusif de l’armée. Par ailleurs, dans un contexte de suspension de l’Etat de droit, induisant restriction des libertés publiques et politiques d’intimidation et de diabolisation à l’encontre des voix indépendantes (ONG, syndicats, journalistes, etc.) à l’encontre de tout ceux qui ne rentreraient pas dans les rangs du triomphalisme du Gouvernement, il est particulièrement difficile pour les acteurs de la société civile de travailler à Sri Lanka. C’est pour ces raisons conjoncturelles et pour le haut degré d’engagement au mieux-être des populations tamoules des plantations dans la région de Kandy, ainsi que dans les provinces de l’Est dans une approche inter-communautaire (Tamouls chrétiens/Musulmans) du développement local, que le renforcement des programmes de notre partenaire Human Development Organization est hautement nécessaire.

Le contexte
Alors que l’industrie du thé constitue l’un des piliers de l’économie de Sri Lanka et l’une de ses principales sources de devises, les conditions de vie des travailleurs des plantations au centre de l’île sont restées très précaires. 85% des ouvriers agricoles sont des Tamouls d’origine indienne, descendants des populations déplacées dans les plantations de thé, sous l’empire britannique, au 19ème siècle restent assujetties à un régime discriminant concernant leur accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale. Par ailleurs, si les territoires de l’Est ont été rétrocédés par les LTTE au Gouvernement en 2006, aucun transfert financier et décisionnel n’a été transféré aux autorités locales, ce qui limite radicalement les possibilités de redécollage économique de ces provinces, violemment affectées par le Tsunami en 2004.

Le partenaire
HDO, Organisation Non Gouvernementale tamoule créée en 1991 et reconnue par le Gouvernement et par la Commission Nationale des Droits de l’Homme est partenaire du CCFD-Terre solidaire depuis 2001. Si l’organisation intervient traditionnellement dans les plantations de thé sur les thèmes du droit au développement, des droits humains, de la justice sociale et de la paix, en vue d’améliorer la situation des ouvriers agricoles, HDO a par ailleurs ouvert un bureau de coordination d’activités à l’est du pays, pour faciliter la gestion d’activités d’urgence et de réhabilitation dans la région côtière d’Ampara.

Programmes & résultats
HDO concentre ses activités dans les plantations de thé au centre du pays, hors des zones de conflits, plus particulièrement dans les districts de Kandy, Kegalle, et Nuwara Eliya. La démarche intégrée (liant amélioration de l’habitat, ouverture d’écoles et formation de professeurs, sensibilisation des ouvriers agricoles à leurs droits économiques et sociaux élémentaires, création d’un syndicat indépendant, formation aux droits de l’homme des dirigeants locaux), et participative mise en place permet progressivement de voir s’améliorer la situation globale des populations marginalisées. A l’Est, HDO a développé en parallèle des activités de reconstruction de maisons pour les pêcheurs de la côte. Une approche similaire à celle développée dans la région de Kandy en terme de participation et de développement intégré, tout en appuyant davantage le trait sur la nécessité de rassembler les communautés musulmanes, tamoules et cinghalaises autour d’activités économiques génératrices de revenus communs visant à promouvoir un développement local harmonieux. Ces activités sont complétées par la gestion des écoles mises en place après le Tsunami et la formation aux droits de l’homme des bureaucrates locaux. Plus globalement, convaincu que la majorité des inégalités de développement territorial sont dues à une concentration des pouvoirs entre les seules mains du Gouvernement central, qui limite les capacités d’actions des bureaucrates, HDO travaille en collaboration étroite avec les autorités locales et organise régulièrement, en partenariat avec la Commission Nationale des Droits de l’Homme, des campagnes de formation à destination des fonctionnaires (de police notamment) en vue de disséminer la culture des droits de l’homme, largement dissipée par 25 années de guerre. HDO a par ailleurs participé à de nombreux évènements internationaux, en particulier le Forum Social Mondial de Mumbai en 2004, la Conférence Internationale des Nations Unies contre le racisme de Durban en 2001 ainsi que sa révision en avril 2009 à Genève. Le 5 octobre 2009

Voir le diaporama sur la vie des travailleurs des plantations.

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