Un avenir sans faim

Publié le 12.12.2013 • Mis à jour le 11.05.2016

Au Maroc, des migrants soutiennent des initiatives de développement local

L’association Immigration Développement et Démocratie (IDD) encourage des initiatives locales de développement et la structuration d’un réseau d’associations villageoises au Maroc. Elle cherche ainsi à améliorer le niveau de vie de la population et son implication dans la vie locale, en s’appuyant notamment sur la culture.

La création du réseau Immigration Développement Démocratie (IDD), en 1999, est l’aboutissement de la volonté de plusieurs associations de marocains immigrés en France de se regrouper pour coordonner et dynamiser leurs actions de développement solidaires vers ces zones rurales isolées. L’association est conçue comme une plate-forme d’échanges d’expériences et de réflexion, et d’appui aux projets. Elle aspire à renforcer le rôle de la société civile au Maroc, mais aussi en France, en aidant à structurer les initiatives des migrants qui veulent aider leur pays d’origine. Dans un contexte ou l’analphabétisme est très présent, la culture et l’éducation sont considérées par les acteurs fédérés au sein du réseau IDD comme des vecteurs essentiels du développement humain et de l’apprentissage de la citoyenneté.

Un réseau de bibliothèques rurales pour favoriser les échanges

A partir de la fin des années 90, les associations villageoises, avec l’appui de leurs partenaires issus de l’immigration en France, mettent en œuvre de nombreux projets de développement.
Un premier projet fédérateur et destiné à rompre l’isolement est initié en 2002 grâce à la création d’une douzaine de bibliothèques rurales au Maroc. A travers les livres, c’est la lutte contre l’analphabétisme, l’accès à la culture mais aussi l’ouverture au monde qui sont promues. Peu à peu, le réseau constate que les structures associatives locales ont des difficultés à mener une action efficace. Le manque de moyens matériels est mis en avant, mais aussi l’isolement des acteurs, et un déficit de compétences humaines.

Le projet prend une nouvelle ampleur de 2009 à 2012 avec la formation-action de 25 acteurs associatifs villageois, agissant au sein des bibliothèques rurales. Les membres du réseau partagent leurs expériences et sont formés sur les questions de recherche de financement, de projets de développement solidaires, de relations avec les autorités locales, ou encore de la répartition des pouvoirs et de l’égalité homme-femmes dans leur travail quotidien au sein des bibliothèques.

Ces bibliothèques évoluent peu à peu pour certaines en véritables espaces de développement local. Le réseau a identifié un vivier d’acteurs de développement compétents et connaissant bien le terrain. Les associations villageoises bénéficient d’un accompagnement pour mieux répondre aux besoins des populations ciblées. Le réseau encourage les associations, villageoises et migrantes à se positionner comme interlocuteurs des pouvoirs publics, en contribuant ainsi à un développement plus démocratique.

L’ancienne kasba de Ait Herbil réhabilitée

Dans cette dynamique, plusieurs projets particulièrement intéressants ont vu le jour : le projet de réhabilitation de l’ancienne kasba de Ait Herbil, avec l’aménagement d’un espace destiné à accueillir des initiatives citoyennes ; un projet de Maison rurale des initiatives citoyennes à Ouled Ftata ; Et un projet d’installation et d’animation d’une bibliothèque rurale dans le douar d’Ouled Slama avec une implication importante des femmes du douar.

Ces projets de grandes ampleur nécessitent d’être accompagnés dans une démarche de concertation des acteurs locaux et de mobilisation des habitants. Dans la continuité de cette dynamique, le réseau IDD travaille, en partenariat avec l’IFAD (Institut de formations des agents de développement) et avec l’accompagnement du CCFD-Terre Solidaire, à la construction d’un nouveau projet triennal appuyé par l’Agence Française du Développement. L’objectif est d’aller vers une meilleure implication des populations dans le développement de leur territoire et la mise en place de projet en lien avec les collectivités locales.

Une dynamique de jeunes au sein du réseau IDD s’est aussi peu à peu imposée. En octobre 2012, 95 jeunes participants français, marocains et tunisiens se sont réunis à Saidia. Les jeunes ont pu échanger les regards sur la citoyenneté, leurs motivations et leurs formes d’engagement. Cette rencontre a aussi donné lieu à une publication "Quand les jeunes se bougent pour le changement".

« Alors que les révolutions arabes ont montré la soif d’implication des populations, le travail d’IDD induit que la démocratie commence au niveau local et que chacun peut y participer » explique Emmanuelle Bennani-Caillouët, chargée de mission pour le Maroc au CCFD-Terre Solidaire.

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