Après la COP30, garder espoir en se mobilisant face aux injustices

Publié le 28.11.2025| Mis à jour le 23.01.2026

Du 10 au 21 novembre 2025, la COP30 s’est tenue à Belém, au Brésil, et nous y étions. Une semaine après l’issue des négociations, quel bilan peut-on en faire ? Quelles sont les victoires obtenues, mais aussi les déceptions ? Comment continuer à se mobiliser à notre échelle pour une transition climatique juste et qui n’oublie personne ? 

La COP30 ou la question cruciale du financement  

Cette année, l’enjeu central de la COP était celui des moyens, notamment financiers : quel montant doit-on mettre sur la table pour affronter le changement climatique et, surtout, qui doit les mettre ?  

Inondations, méga-feux, récoltes dévastées… Les pays du Sud sont en première ligne face à la crise climatique. Ils en sont pourtant les moins responsables. Seules 20% des émissions de CO2 produites entre 1850 et 2021 peuvent leur être attribués, selon l’ONU. 

En parallèle, les pays du Sud font face à une crise de l’endettement sans précédent, qui entrave leurs ressources publiques et les contraint à dépenser bien plus pour rembourser leurs dettes que pour financer leur adaptation au changement climatique. Quand ils reçoivent des financements pour lutter contre le changement climatique, c’est le plus souvent sous forme de prêts, ce qui aggrave encore un peu plus leur endettement.

☞ Aller plus loin : COP 30 : La dette des pays du Sud, l’angle mort de la transition écologique 

Un rendez-vous manqué 

Les pays du Sud appelaient à de réels engagements financiers, à l’annulation des dettes et à une finance climatique plus qualitative face à un Nord qui continue de privilégier des instruments qui protègent ses intérêts économiques, compte sur le secteur privé et cherche à atténuer sa responsabilité historique. 

L’exemple des énergies fossiles. Pendant la COP, la Colombie a voulu proposer un accord ambitieux sur la sortie des énergies fossiles. Cette initiative n’a pas été suivie par les pays du Nord. Ceux-ci ont préféré soutenir un autre accord sur le même sujet, dans lequel les engagements financiers nécessaires n’étaient pas clairement présentés. Malgré sa posture officielle, la France a eu tendance à ralentir les négociations sur cette question. Finalement, cette initiative de la Colombie se poursuivra par l’organisation, en 2026, d’un sommet intergouvernemental pour travailler sur un accord de sortie des énergies fossiles, qui sera donc négocié en dehors des instances de l’ONU. 

Le rendez-vous a donc été manqué pour lutter contre la crise de la dette des pays du Sud, alors que cette dernière représente un obstacle de taille pour atteindre la justice climatique, économique et sociale, et qu’elle est bien reconnue comme telle dans l’accord.  

☞ Lire aussi : COP30 à Belém : qu’en attendent nos partenaires ? 

Malgré cette grande déception, plusieurs motifs d’espoir sont à sous-ligner, comme le principe de la transition juste et la mobilisation vigoureuse de la société civile. 

Une victoire majeure, celle de la “transition juste” 

La transition vers un monde plus durable ne peut se faire au détriment des droits humains, des droits des peuples autochtones, de la santé, de la justice sociale. Non seulement la COP30 reconnaît ce principe, mais elle crée aussi un mécanisme qui devra veiller à ce qu’il soit respecté.  

C’est dans ce cadre qu’un plan pour la prise en compte du genre a été adopté. Il permettra d’intégrer la justice de genre dans l’action climatique, ce qui constitue un pas important dans la prise en compte systémique des injustices. En revanche il n’a pas été accompagné d’engagements financiers pour le mettre en place. 

L’engagement de la société civile ne faiblit pas 

Malgré le bilan en demi-teinte de la COP30, ces temps de négociations internationales jouent un rôle essentiel : ils permettent d’intensifier la pression médiatique et d’obliger les États à prendre publiquement leurs responsabilités, dans un cadre où tous les pays sont représentés et peuvent s’exprimer. 

Aller plus loin

Rejoignez notre mobilisation pour annuler la dette des pays du Sud 

Alors que la crise climatique nous place à un véritable point de bascule historique, nous devons maintenir la pression pour le financement d’une transition écologique et d’un développement juste, inclusif et durable avec et pour les pays du Sud. Cela passe notamment par l’annulation des dettes insoutenables qui empêchent ces derniers d’investir pour la protection de leurs populations. 

Nos demandes : 

  1. Mettre fin à la crise de la dette maintenant en annulant et en trouvant une issue aux dettes injustes et insoutenables, sans conditions politiques et économiques ; 
  2. Empêcher que les crises de la dette ne se reproduisent en s’attaquant à leurs causes profondes, en réformant un système financier mondial injuste et dominé par les plus riches, pour donner la priorité aux personnes et à la planète ; 
  3. Établir un cadre permanent, transparent, contraignant et global de gestion de la dette au sein des Nations unies. 

Signez notre pétition

Vous aussi vous pouvez agir en signant et en partageant notre pétition pour l’annulation des dettes des pays du Sud.  

Portée au niveau mondial, elle a atteint près de 200 000 signatures et a été remise dans plusieurs instances internationales. Nous continuons à collecter des signatures afin de montrer aux gouvernements des pays du Nord que nous exigeons des engagements politiques et économiques clairs face aux conséquences du changement climatique. 

☞ Signer la pétition  

Nos actualités spéciales COP30 :

Cet article a été cofinancée par l’Union européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité du CCFD-Terre Solidaire et ne reflète pas nécessairement les points de vue de l’Union européenne.

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