Trois combats inspirants en Côte d’Ivoire, pays à l’honneur du Salon de l’agriculture 2026

Publié le 18.02.2026

Le Salon international de l’agriculture se déroule du 21 février au 1er mars 2026 à la Porte de Versailles, à Paris. Après le Maroc en 2025, c’est la Côte d’Ivoire qui sera à l’honneur cette année. A cette occasion, nous mettons en lumière le combat de trois de nos partenaires ivoiriens qui défendent l’agroécologie et la souveraineté alimentaire.

45%

En 2024, la Côte d’Ivoire produisait à elle seule 45% du cacao mondial

50%

Plus de 50 % de la population active travaille dans le secteur agricole
Richard Sépi Koré, propriétaire de 2 hectares de plantation de cacao qu’il cultive sans pesticide et en agro-foresterie, pose dans ses plantations à Logboayo, un village situé à l’est de la Côte d’Ivoire (©Gwenn Dubourthoumieu).

Le cacao de la discorde

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Dans ce pays où la terre se fait rare, la culture du cacao alimente de nombreux conflits fonciers.

Notre partenaire ASAPSU expérimente une approche innovante : il accompagne les communautés villageoises dans la clarification et la renégociation des règles de gestion des terres. Le principe est simple : les populations se réunissent et redéfinissent collectivement les conditions d’accès à la terre. Une manière efficace de prévenir et d’anticiper les frustrations et les conflits.

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Une boîte de Cypercot, un insecticide puissant, traîne dans une plantation de cacaoyers (©Gwenn Dubourthoumieu).

Un avenir sans pesticides

En Côte d’Ivoire comme en France, les pesticides de synthèse restent très utilisés. Ce recours aux produits phytosanitaires n’est pas sans risque pour la santé humaine et l’environnement, a fortiori lorsque les paysans et paysannes ne bénéficient pas de formations ou d’équipements adéquats. De nombreuses substances actives, interdites en Europe, ont même reçu une autorisation de mise sur le marché en Côte d’Ivoire.

Notre partenaire Inades-Formation cherche à sensibiliser les acteurs du monde agricole sur les dangers des pesticides.

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JVE a créé une « Caravane climatique communautaire” pour donner la parole aux communautés sur la justice climatique.

Défendre la justice climatique

Bien que la contribution de la Côte d’Ivoire au changement climatique soit minime, les Ivoiriens et Ivoiriennes en subissent déjà les conséquences. Avec le bouleversement des températures, les pertes et les baisses de récolte se multiplient, ce qui impacte les communautés rurales et met à mal la souveraineté alimentaire du pays.

Notre partenaire Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) organise des formations en agroécologie, qui mêlent pratique et théorie, et crée un dialogue avec les communautés impactées par le réchauffement climatique.

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Les demandes du CCFD-Terre Solidaire à l’occasion du Salon de l’agriculture 2026

Le CCFD-Terre Solidaire sera présent au Salon de l’agriculture 2026 pour porter un message clair : la souveraineté alimentaire ne doit pas servir de prétexte à des reculs en matière de santé publique, de protection de l’environnement et de droits des paysans et paysannes, en France, en Europe et dans les pays du Sud.

Les annonces récentes du gouvernement français, et en particulier celle d’une nouvelle loi d’urgence agricole, s’inscrivent dans une dynamique préoccupante. Cette dérive se traduit par plusieurs reculs majeurs :

  • Une loi d’orientation agricole largement vidée de sa substance, incapable de soutenir une transition agroécologique ambitieuse et socialement juste.
  • La loi Duplomb, adoptée malgré une mobilisation massive des citoyens, qui affaiblit les protections environnementales et ouvre la voie à une remise en cause des restrictions sur les pesticides.
  • Au niveau européen, le projet de règlement Omnibus “sécurité alimentaire”, qui fragilise les cadres réglementaires encadrant l’usage des pesticides et menace les fondements de l’agriculture biologique.

☞ Notre communiqué : « Salon international de l’agriculture : non à la dérégulation agricole, oui à la santé, à l’agroécologie et à la solidarité internationale »

Nos partenaires mobilisés en Afrique de l’Ouest pour une agroécologie paysanne et solidaire démontrent qu’il est possible de renforcer la souveraineté alimentaire sans sacrifier la santé, l’environnement et les droits humains. Il est temps de suivre leur exemple.

Aller plus loin : Face à l’urgence climatique, aux inégalités croissantes et à la montée des tensions géopolitiques, un choix s’impose : faire de l’alimentation un bien commun, plutôt qu’une arme. Élaborer des politiques publiques pour nourrir les peuples, plutôt que les marchés. Dans son Observatoire de la souveraineté alimentaire, le CCFD-Terre Solidaire met en lumière les interdépendances entre la France et les pays du Sud et appelle à un changement de cap radical. Découvrir l’Observatoire de la souveraineté alimentaire

Photo de couverture : Gwenn Dubourthoumieu / CCFD-Terre Solidaire

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