Sommet du G7 à Evian : 5 chiffres pour en comprendre les enjeux
Du 15 au 17 juin 2026, la France accueillera à Évian le sommet du G7, qu’elle préside cette année. Ce groupe, composé d’une poignée de grandes puissances économiques, continue d’exercer une influence importante sur les décisions internationales.
Dans un monde qui traverse des crises multiples – climatiques, sociales et financières – que peut-on attendre du G7 2026 ? Quels sont les grands défis à relever pour l’économie mondiale ? Comment insuffler plus de solidarité internationale dans les questions économiques ? Quel bilan pour Emmanuel Macron après une décennie de promesses de réformes ? Retour sur les enjeux de ce sommet en 5 chiffres-clés.
492 milliards de dollars (ou le vrai coût de l’évasion fiscale)
Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron avait affiché la volonté de faire de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité, tant au niveau national qu’international.
Pourtant, en matière d’évasion fiscale, la dernière décennie donne le vertige. A l’échelle mondiale, son coût est passé de 427 milliards de dollars en 2020 à 492 milliards en 2024, dont près de 347 milliards liés aux multinationales. Les pays du Sud en paient le prix fort : ils perdent près de 200 milliards de dollars chaque année, ce qui freine fortement leur développement et leurs actions contre le changement climatique.
Malgré plusieurs réformes engagées ces dix dernières années, la lutte contre l’évasion fiscale n’a pas tenu ses promesses. Les mécanismes mis en place n’ont pas remis en cause les logiques du système, y compris en France. Selon le Tax Justice Network, celle-ci serait même le deuxième pays au monde ayant le plus perdu de recettes fiscales du fait de l’évasion fiscale des multinationales entre 2016 et 2021.
50% des richesses créées (ou l’explosion des inégalités)
Cette décennie perdue pour la lutte contre l’évasion fiscale l’est aussi pour la lutte contre les inégalités.
A l’échelle planétaire, les 1 % les plus riches ont capté la moitié des nouvelles richesses créées en dix ans. En France, la fortune des milliardaires a doublé depuis 2017, avec une hausse de plus de 220 milliards d’euros, concentrée sur une trentaine de personnes seulement. Ces inégalités plongent des populations entières dans la précarité, autant qu’elles mettent à mal le contrat social.
3,4 milliards de personnes (ou une crise de la dette sans précédent)
Depuis 2017, Emmanuel Macron a multiplié les prises de position en faveur d’une réponse ambitieuse à la crise de la dette des pays du Sud. Dans les faits, la dernière décennie a été marquée par une aggravation continue de la dette de ces derniers. Depuis 2010, leur dette a même augmenté deux fois plus rapidement que celle des pays riches.
Cette dynamique s’est traduite par une explosion du coût de la dette : en 2023, les pays du Sud ont versé 487 milliards de dollars à leurs créanciers extérieurs. Or, cette sortie massive de capitaux limite considérablement leur capacité à investir dans des secteurs cruciaux tels que la sécurité alimentaire, la santé publique, l’éducation ou encore la lutte contre le changement climatique.
☞ Signer notre pétition : Exigeons des solutions face à la crise de la dette des pays du Sud !
23,1 % (ou une aide au développement en chute libre)
En 2017, Emmanuel Macron avait fait de l’aide publique au développement (APD) un pilier affiché et assumé de sa politique étrangère. Après une phase de hausse lors du premier quinquennat, l’aide publique au développement française a pourtant connu un recul brutal. En deux ans, elle a été réduite de près de 38 %.
Il en va de même à l’échelle mondiale. En 2025, l’APD a ainsi diminué de 23,1 %, marquant une deuxième année consécutive de baisse. Les pays du G7, dont la France, concentrent à eux seuls 97,5 % de cette diminution.
Or, ces baisses ont des conséquences dramatiques. Selon une étude du Lancet, l’effondrement de l’aide provenant des Etats-Unis (USAID) pourrait conduire à 14 millions de morts supplémentaires.
☞ Lire aussi : À Cuba et ailleurs, les conséquences très concrètes d’une aide au développement qui s’effondre
7 pays (ou un club très fermé de pays riches)
Le Groupe des 7 (G7) est formé de sept des principales puissances économiques mondiales : l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Ces pays se réunissent chaque année lors d’un sommet au cours duquel sont abordés de grands sujets internationaux liés à l’économie. Or, les décisions qui y sont prises pèsent aussi sur les pays qui n’y sont pas invités.
Parce qu’il fonctionne comme un club restreint, structuré autour des seuls intérêts des pays les plus riches, le G7 apparaît incapable de porter les transformations nécessaires aux grands enjeux de notre époque.
Dès lors, que cela soit pour combattre les inégalités ou limiter les effets des dettes insoutenables, les réformes d’ampleur ne peuvent se faire qu’à l’intérieur d’espaces plus représentatifs et inclusifs. Les Nations unies s’imposent, dans ce contexte, comme l’un des rares cadre légitime pour engager ces transformations. C’est ce qu’il se passe par exemple avec les discussions autour de la Convention sur la coopération fiscale internationale.
Nos recommandations
Face à ces différents constats, la présidence française du G7 doit prendre ses responsabilités. Elle ne peut plus se contenter de maintenir un système qui a montré ses limites et doit faire des choix politiques clairs pour réformer en profondeur l’architecture financière internationale. Pour le CCFD-Terre Solidaire, cela suppose de défendre les priorités suivantes :
- Soutenir l’annulation des dettes insoutenables et la création d’un cadre multilatéral juste de restructuration des dettes souveraines.
- Promouvoir une coopération fiscale internationale ambitieuse et démocratique, en soutenant les négociations de la convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale.
- Réformer l’aide publique au développement (APD) pour qu’elle bénéficie réellement aux populations qui en ont le plus besoin.
- Garantir une participation équitable des pays du Sud à la réforme de l’architecture financière internationale.
Le G7 en 7 questions
Le G7 est un groupe réunissant sept grandes puissances économiques : le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis. Chaque année, l’un de ces sept pays en prend la présidence et organise un sommet. Lors de ce sommet, les chefs d’Etats des sept pays composant le G7 se retrouvent pour discuter des enjeux économiques du moment.
Le sommet du G7 2026 se tient à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie, sur les rives du lac Léman. La ville accueille les chefs d’État et de gouvernement des pays membres ainsi que plusieurs délégations invitées.
Le sommet des dirigeants du G7 se déroule du 15 au 17 juin 2026 sous la présidence française.
La France assure la présidence tournante du G7 en 2026 et organise l’ensemble des réunions ministérielles ainsi que le sommet des chefs d’État et de gouvernement.
Les membres du G7 sont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et le Japon. L’Union européenne participe également aux discussions.
Les discussions devraient porter notamment sur la sécurité internationale, l’économie mondiale, l’intelligence artificielle, la transition énergétique, les minerais critiques, la résilience des chaînes d’approvisionnement et les grands défis géopolitiques.
Le G7 rassemble sept grandes économies avancées, tandis que le G20 inclut également des puissances émergentes comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud ou encore l’Arabie saoudite.
Photo de couverture : Humphrey M / Unsplash
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