Noël contre la faim

Publié le 11.07.2014 • Mis à jour le 30.08.2016

Comment réduire la pauvreté des communautés paysannes au Salvador ?

Au Salvador, pays marqué par la pauvreté et la violence, la Fondation pour la promotion de coopératives (FUNPROCOOP), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, joue la carte de la formation des petits agriculteurs familiaux. Agro-écologie, économie sociale, mais aussi capacité à formuler des demandes précises en termes de politiques publiques... L’objectif est de faire de ces petits paysans des acteurs à part entière du monde rural, au moment même où la gauche vient d’accéder pour la première fois à la tête du pays.

Au Salvador, l’élection en mars dernier, de l’ex-guérillero de gauche Salvador Sanchez Ceren à la fonction présidentielle pourrait constituer un tournant pour l’agriculture au Salvador, le plus petit pays d’Amérique centrale. C’est en tout cas ce qu’espèrent les représentants des mouvements sociaux ruraux comme la Fondation pour la promotion de coopératives (FUNPROCOOP), partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis les années 1980. L’entité a été créée en 1967 grâce au travail pastoral social de l’Église Catholique salvadorienne. Elle s’est fixée comme objectif de favoriser l’émergence de coopératives. Elle œuvre ainsi au regroupement d’agriculteurs au sein de projets communs de production et de commercialisation. Autre axe de travail important : le développement de centres de formations pour les acteurs du monde rural, basés sur le principe de l’Éducation populaire.

Il faut dire que le monde rural et le secteur agricole sont mal en point dans ce pays, plus petit que la Bretagne. Sur les 6,4 millions d’habitants, près des deux tiers (60%) des habitants vivent dans les campagnes, dont plus de 40 % sous le seuil de pauvreté (source : Banque Mondiale). Les conditions économiques difficiles sont en partie dues aux catastrophes naturelles (tremblements de terre, sècheresse) qui ont frappé le pays ces dernières années. Mais pas seulement. Car la politique agricole, largement basée sur l’agro-exportation -notamment de café dont le Salvador est l’un des plus gros producteurs mondiaux- met en danger la survie des petits agriculteurs. D’où la mobilisation de la FUNPROCOOP sur plusieurs fronts.

Trois axes de travail

« Notre objectif est d’accompagner le développement durable des communautés paysannes à travers la formation, l’assistance technique et financière et l’encouragement à des processus d’organisation politique », détaille Mauricio Vanegas Càceres, directeur exécutif de la FUNPROCOOP. Pour cela le partenaire du CCFD-Terre Solidaire développe trois axes de travail. « Nous cherchons à promouvoir les initiatives économiques populaires en milieu rural comme le développement de l’agro-écologie, poursuit le responsable. L’éducation populaire fait également partie de nos priorités, notamment pour former des leaders paysans et les inciter à participer à la vie politique, économique et sociale du pays. Enfin, nous effectuons un travail de plaidoyer sur les politiques publiques agricoles. » Objectif ? Développer l’agriculture familiale en militant pour une meilleure rémunération des petits producteurs.

Un programme de formation technique et politique

Un des projets les plus significatifs de la FUNPROCOOP reste le programme intitulé : « Réduction de la pauvreté dans 18 communautés rurales de Santa Ana et Chalatenango à travers le renforcement et la participation des acteurs locaux de la société civile à travers des initiatives de développement local et d’incidence politique. » L’idée ? « Notre objectif était de renforcer le travail de 50 organisations locales en les aidant à formuler leurs demandes de politiques publiques de développement rural, précise Claudio Vanegas, responsable du développement local au sein de la FUNPROCOOP. Le projet incluait également la réactivation de l’économie paysanne à travers la diversification de la production agricole et la dynamisation de marchés locaux. Le tout, avec un travail d’accompagnement technique sur le terrain. »

Des paysans plus autonomes

Ce projet, initié en janvier 2010, s’est achevé avec succès en mai 2013. Il constitue d’ailleurs un modèle pour les actions à venir qu’entend mener la FUNPROCOOP. « Il a permis le développement de circuits de production et de commercialisation pérenne de l’agriculture familiale dans cette région du pays, se réjouit Mauricio Vanegas Càceres. Il a directement impacté la vie de plus de 5200 familles. Il a surtout permis de créer des structures d’organisation, de mettre en place des leaders, hommes et femmes, capables de dialoguer avec les acteurs locaux, notamment les autorités politiques et municipales. » De quoi permettre aux paysans de cette région du Salvador d’être plus autonomes. « Former ces agriculteurs aux techniques alternatives d’agriculture responsables n’est pas suffisant, martèle Mauricio Vanegas Càceres. Il faut également leur transmettre des outils qui leur permettront, à l’avenir, d’agir par eux-mêmes. »

Jean-Claude Gérez

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