En Côte d’Ivoire, Daleba défend l’agroécologie paysanne face au changement climatique
Bien que la contribution de la Côte d’Ivoire au changement climatique soit minime, les Ivoiriens et Ivoiriennes en subissent déjà les conséquences. Géographe et économiste de formation, Nahounou Daleba est coordinateur de programmes au sein de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), une organisation partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui sensibilise les communautés à l’agroécologie comme solution d’adaptation au changement climatique.
Un engagement pour les droits humains et la justice climatique
Engagé pour les droits humains et la démocratie depuis de nombreuses années, Daleba a rejoint JVE en 2018, d’abord en tant que bénévole puis, à partir de 2021, comme salarié.
Le déclic : un projet de construction d’une centrale à charbon à San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, qui lui fait prendre conscience que la défense des droits humains devait inclure le droit de vivre dans un environnement sain.
Ce nouvel engagement s’explique aussi par son histoire familiale :
Je me suis rendu compte que JVE militait pour une agroécologie paysanne qui est vertueuse, qui n’utilise pas les pesticides. Or, ma mère est décédée d’un cancer dû à l’utilisation de certains pesticides.
Nahounou Daleba, coordinateur de programmes chez Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE)
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En Côte d’Ivoire, les effets du changement climatique se font déjà sentir
Le projet de centrale à charbon est abandonné fin 2021, mais l’engagement de Daleba pour la justice climatique, lui, n’est pas terminé.
Il faut dire que la Côte d’Ivoire est en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique. Son littoral est particulièrement vulnérable vis-à-vis de la montée du niveau de la mer et certains villages ont déjà été rayés de la carte.
Depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire subit les effets du changement climatique. Plusieurs zones ont disparu sous l’effet de l’avancée de la mer. La côte de Bassam subit souvent de fortes inondations.
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Les conséquences du changement climatique ont également des effets sur les cultures agricoles. Avec le bouleversement des températures, les pertes et les baisses de récolte se multiplient. Tout cela impacte les communautés rurales et met à mal la souveraineté alimentaire du pays.
Déjà que la Côte d’Ivoire n’était pas souveraine en termes d’alimentation de première nécessité tel que le riz, avec le changement climatique, on imagine bien l’impact que cela aura sur d’autres cultures vivrières qui sont produites localement, telles que le manioc, l’igname, le maïs… On peut craindre un impact réel et colossal sur la production et surtout sur l’alimentation.
L’agroécologie comme solution face au changement climatique en Côte d’Ivoire
Jeunes Volontaires pour l’Environnement promeut l’agroécologie paysanne. Cette pratique se base sur les connaissances que les communautés locales se transmettent de génération en génération. Des connaissances adaptées aux spécificités locales, dans le respect de la nature et de ses limites.
« Pour nous, l’agroécologie paysanne, c’est celle qui nous permet de ne pas détruire pour produire, mais de produire de façon efficiente tout en préservant l’environnement immédiat. Donc elle est vertueuse parce qu’elle respecte toutes les composantes de la nature. Elle est vertueuse parce qu’elle ne fait pas de gaspillage. Elle est vertueuse parce qu’elle répond à un besoin immédiat et dans une proportion bien déterminée. »
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JVE organise des formations en agroécologie qui mêlent pratique et théorie. 30 à 40 personnes participent à chaque session : des jeunes, des femmes, des hommes… venant de communautés différentes, voire de pays différents !
Cette année, nous avons eu des participants venant de plusieurs pays dont le Gabon, le Cameroun, le Ghana, le Burkina, le Mali, le Niger… Chacun apporte ses connaissances dans la transmission de cette pratique.
Les participants sont heureux de découvrir que cette pratique n’est pas démodée, qu’elle répond à un besoin.
Aujourd’hui, même les Nations unies reconnaissent l’agroécologie comme une réponse face à la destruction de la nature.
Zoom sur… La “Caravane climatique communautaire” de Jeunes Volontaires pour l’Environnement
Il y a plusieurs années, JVE a créé une “Caravane climatique communautaire”. Le but : donner la parole aux communautés sur la justice climatique. Grâce à cette initiative, JVE parcoure différentes régions de la Côte d’Ivoire pour instaurer un dialogue avec les communautés, recueillir leurs ressentis et leurs propositions de solutions. Ces témoignages et propositions sont ensuite transmises dans différents espaces comme les COP.
« Lors de notre dernière caravane, dans le village de Dada où il y a de l’extractivisme, le chef du village nous a dit : “Je prie Dieu pour qu’on ne découvre pas du pétrole chez nous parce que l’impact sera encore plus important et avec lui arrivera la précarité. »
Dans quelques semaines, JVE participera à la COP30 pour porter les voix des communautés impactées par un réchauffement climatique qu’elles n’ont pas causé. Leurs voix seront-elles enfin entendues ?
Dans quelques semaines, JVE participera à la COP30 pour porter les voix des communautés impactées par un réchauffement climatique qu’elles n’ont pas causé. Ces voix seront-elles enfin entendues ?
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