Vidéo : Au Brésil, le vent mauvais des éoliennes
À Caetés, au nord-est du Brésil, 220 éoliennes ont été installées depuis 2014. Depuis, la vie des communautés locales a basculé entre le bruit des pales et l’impossibilité de vivre de la terre.
Vivre au pied des éoliennes
À Caetés, petite localité rurale, deux parcs éoliens sont sortis de terre il y a dix ans. Or, certaines éoliennes se trouvent à seulement 200 mètres des habitations. Les autorités brésiliennes préconisent pourtant une distance minimale de 400 mètres. Une étude portugaise recommande même 1,5 kilomètre de distance pour limiter les effets négatifs sur la population locale.
Entre le bruit constant et les particules de fibre de verre projetées par les pales, cette forte proximité n’est pas sans risque pour la santé des habitants.
Mais leurs conséquences ne s’arrêtent pas là, les rendements agricoles sont aussi impactés, une catastrophe pour une communauté qui vit en partie de l’agriculture paysanne.
Avec l’arrivée des éoliennes, sont arrivés les problèmes pour élever le bétail. Les vaches ont diminué leur production de lait à cause du stress.
Simão da Silva, agriculteur de Caetés
Se mobiliser pour les droits des communautés locales
À Borborema, au sud-est du Brésil, un projet d’implantation de parcs éoliens est également sur la table. L’ONG AS-PTA, partenaire du CCFD-Terre Solidaire se mobilise pour informer les familles et faire respecter leurs droits.
Quand les entreprises qui installent les éoliennes arrivent ici, elles désorganisent les modes de vie et d’expériences que les familles ont déjà.
Roselita Vitor Albuquerque, agricultrice et coordinatrice politique de Borborema
Nous pensons que l’énergie renouvelable est un projet nécessaire, mais aller à Caetés a été extrêmement important pour comprendre que le modèle à travers lequel ces entreprises arrivent dans les territoires n’est pas un modèle qui respecte les populations.
Adriana Galvão, conseillère technique de l’AS-PTA
Si l’urgence climatique impose une sortie rapide des énergies fossiles et le recours massif aux énergies renouvelables, cette transition ne peut se faire au détriment des droits humains et des communautés locales. Au risque de reproduire les mêmes erreurs que le modèle extractiviste.
☞ Lire aussi : EDF et TotalEnergies : une transition verte sur le dos des populations au Mozambique ?
Vidéo : Jean-Claude Gerez (journaliste), Comme un accord (montage)
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