Publié le 14.04.2015 • Mis à jour le 02.02.2016

Les évêques latino-américains dénoncent les violations des droits humains liées aux activités extractives

Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise Catholique, quatre évêques du Conseil Episcopal Latino-américain (CELAM) étaient présents devant la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme pour dénoncer la violation des droits humains par les entreprises extractives en Amérique Latine et dans les Caraïbes

Mgr Pedro Barreto Jimeno, Archevêque d’Huancayo (Pérou) et Président du Département Justice et Solidarité du CELAM
Mgr Alvaro Ramazzini, Evêque de Huehuetenango (Guatemala) et Président de la Commission Justice et Solidarité de la Conférence Episcopale du Guatemala
Mgr Roquer Paloshi, Evêque de Roraima et membre de la Commission Amazonienne de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil (CNBB)

Mgr Barreto, Archevêque d’Huancayo au Pérou, a indiqué que dans des pays comme le Brésil, l’Équateur, le Honduras, le Mexique et le Pérou, il est courant de constater l’irresponsabilité permanente des entreprises accompagnée de la complicité silencieuse des gouvernements quand il s’agit de violations des droits de l’homme.
En réalité, le cœur du problème vient « d’un système économique en tant que tel qui place le profit au-dessus de l’être humain ; on se trouve alors face à un extractivisme sans visage humain et contraire à l’éthique  ».
Il a également précisé que 80% de l’exploitation minière en Amérique latine et dans les Caraïbes appartient aux entreprises canadiennes.

Mgr Barreto, a signalé que les évêques du CELAM ont fait des propositions à la CIDH, et que l’Eglise Catholique a soulevé la nécessité d’une responsabilité partagée entre les entreprises et les États à travers un dialogue sincère : car s’il n’est pas possible de renoncer aux activités extractives, il faut garder une vision prospective, c’est-à-dire penser aux générations futures et se demander quels dégâts laissera derrière elle cette exploitation minière et qui seront ceux qui devront en assumer les conséquences.

Mgr Barreto a fait remarquer que, bien que la responsabilité directe soit du ressort de l’Etat, l’Eglise continue à intervenir et à faire des propositions au vu de sa mission évangélique en faisant de la politique pour le bien commun.

Dans ce sens, lors de l’audience de la CIDH, les évêques du CELAM ont soumis les propositions suivantes :

  • La création d’un canal de coopération permanent,
  • La formation sur les normes internationales en matière de droits de l’homme et de droit des peuples autochtones ou non, destinée aux travailleurs pastoraux, aux dirigeants communautaires et aux personnes vulnérables,
  • Un rapport annuel des menaces et des agressions perpétrées contre les agents pastoraux de l’Eglise catholique et les dirigeants sociaux pour assurer l’engagement des États en matière de Droits de l’Homme et des peuples autochtones,
  • L’acceptation d’une co-responsabilité internationale de la nature et du respect des droits de l’homme des peuples autochtones et non-autochtones, ainsi que la réparation des dommages causés par les industries extractives aux personnes et à l’environnement
  • La non criminalisation des manifestations sociales (qualifiées comme des délits), dans le contexte des conflits socio-environnementaux
  • La création d’espaces pacifiques et équitables en ce qui concerne la culture et la nature.

Monseigneur Barreto souligne également la création du Réseau Ecclésial Panamazonien couvrant une superficie de 6.000.000 kilomètres carrés et comprenant une population de 3 millions de personnes de 9 pays.
Il a indiqué que le Cardinal Claudio Hummes et le Département « Justice et Solidarité » du CELAM accompagneront ce réseau qui a été présenté à Rome le 2 mars et a reçu le soutien du Pape François.

L’archevêque de Huancayo a déclaré que le Réseau Panamazonien renforce le travail de l’Eglise et « lui permet d’avoir plus d’impact pour défendre la population pauvre et les cultures indigènes qui ont une richesse impressionnante et une culture en harmonie avec la nature  ».
Il a fait remarquer que ces cultures nous apprennent à prendre soin et à respecter la vie et les biens de la création.

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