© Alesandro Cinque

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“Pérou, un état toxique” : le regard engagé d’Alessandro Cinque #JeudiPhoto

Publié le 02.03.2023| Mis à jour le 15.03.2023

Au Pérou, les industries minières encouragées par l’État s’enrichissent, pendant que les communautés autochtones comme, celle de Margarita, en subissent les conséquences. Lauréat du Grand Prix Photo Terre Solidaire pour son documentaire “Peru, a toxic state“, le photographe Alessandro Cinque souhaite ouvrir le dialogue et aider les communautés andines à défendre leurs droits.

© Alesandro Cinque
Photo tirée de la série “Peru, a toxic state” © Alessandro Cinque, 2021

Depuis six ans, le photographe Alessandro Cinque traverse les Andes du Pérou à la rencontre des communautés quechuas. Au cours de son périple, il fait la connaissance de Margarita, cheffe de la communauté du village d’Ayaviri où il passera trois nuits. Un jour, alors qu’il lui rend visite, il la retrouve en train de dormir paisiblement devant chez elle, à même la terre craquelée, le visage enfoui sous son chapeau pour se protéger du soleil. Alessandro immortalise cet instant, illustrant pour lui le lien fort qui unit les communautés andines à leur terre, à leur “Pacha Mama“.

J’aime l’idée que la terre et Margarita soient dans la même situation, comme pour nous dire : nous sommes là, présents en ce monde, mais nous dépérissons, nous disparaissons car nous sommes fatigués. Voilà pourquoi Margarita et la terre ne font plus qu’un, comme sa tresse qui se mêle à la craque de la terre abîmée.

Alessandro Cinque

Le village d’Ayaviri est connu pour sa production de fromage exporté dans tout le pays. Mais, depuis qu’une mine s’est implantée aux alentours, polluant la terre et l’eau, plus personne ne veut en acheter. Margarita et sa communauté s’enfoncent dans la pauvreté pendant que la compagnie nie toute responsabilité et continue de s’enrichir.

Les Andes péruviennes, riches en ressources minières, attisent la convoitise des multinationales et de l’État au détriment de l’environnement et des populations locales. Le long des 20 000 km qu’il a parcouru, Alessandro a été témoin des inégalités, de la pauvreté et de la colère liées à des décennies de politiques néolibérales. Il a rencontré 35 communautés aux prises avec les mêmes souffrances, et qui demeurent pourtant isolées. Les fausses promesses portées par les entreprises alimentent les désillusions et les divisions. La presse du pays n’en parle pas, laissant la réalité derrière le “miracle économique“ du Pérou dissimulée. 

Face à ce constat, Alessandro souhaite que ses images permettent d’ouvrir un dialogue et aident les communautés andines à être mieux informées et à se fédérer. Il projette de réaliser un fanzine traduit en quechua et d’étendre son projet documentaire engagé dans la cordillère des Andes en Bolivie et en Équateur. 

Le CCFD-Terre Solidaire, soutient de nombreux partenaires dans la région, comme le Centre Bartolome de las Casas (CBC) et CooperAccion, qui agissent pour défendre les droits et promouvoir le développement des communautés autochtones des Andes.

Pour en savoir plus :

Ophélie Chauvin -

avec le CCFD - TERRE SOLIDAIRE

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